Compost : Les déchets à éviter

Le compost est indispensable, mais encore faut-il savoir composter, car, contrairement à certaines idées reçues on ne peut pas composter tous les déchets végétaux.
On écarte d’emblée toutes les tailles de rosiers et d’arbres fruitiers. On écarte aussi les déchets de conifères qui se décomposent très difficilement.
Enfin on évite les lianes et notamment les clématites qui trop souvent bourrent le broyeur.

La pivoine a faim mais pas soif

La sortie de l’hiver est le moment choisi pour fournir un peu de matières organiques aux pivoines. Ce sera soit un compost maison, soit un fumier bien mûr qu’on enfouit en terre par petits griffages légers et répétés. En effet, il faut être particulièrement attentifs pour ne pas blesser les racines superficielles et les jeunes bourgeons émergeants des pivoines herbacées. On peut aussi apporter le compost en hiver et le laisser reposer au sol car il pénétrera lentement la terre. Cependant vous devrez finir le travail en mars en griffant avec précaution. Cet amendement organique, une fois par an, est suffisant et vous dispensera de tout engrais chimique. Vous pouvez aussi donner un coup de pouce aux pivoines par le biais d’un purin de consoude riche en azote (plus propice au botrytis). Mais attention : si à l’annonce du printemps nos pivoines ont faim, elles n’ont pas soif. N’oubliez jamais que cette plante craint terriblement l’excès d’humidité. Certes après la plantation on assure durant deux ans, du printemps à l’automne, un arrosage hebdomadaire, surtout si le temps est sec. Ensuite, on se contente d’arroser avant et après la floraison et tous les douze jours en cas de sécheresse. Mais en temps normal la plante se débrouille toute seule si la terre est légèrement fraîche et bien drainée. Même en été, si certaines feuilles grillent, n’augmentez pas les arrosages. Vous risqueriez d’étouffer votre pivoine.

 

À notre avis : L’amendement est essentiel en terre lourde ou naturellement pauvre, sur les sujets âgés et si des plantes voisines sont trop proches.

Poirier : la cire n’est pas un luxe

La poire est un fruit qui est, une fois bien mûr, particulièrement gorgé d’eau. Le pédoncule (la queue du fruit), constitue une issue par laquelle l’air rentre dans le fruit et accélère l’évaporation de l’eau. Il en résulte un flétrissement de la chair qui perd toute sa saveur. En coiffant l’extrémité de la queue d’une touche de cire, on bloque l’entrée de l’air dans le fruit qui se trouve ainsi stabilisé et conserve toute sa saveur plusieurs semaines voire quelques mois. Il est vraiment intéressant de pratiquer cette mesure sur des variétés comme les délicieuses ‘Passe-Crassane’, ‘Beurré-Hardy’, ‘Williams’ ou encore ‘Guyot’

Pourquoi n’ai-je pas de kiwis ?

L’actinidia (ou liane donnant les kiwis) est une plante dioïque : les fleurs mâles et femelles sont réparties sur des pieds distincts. Si vous avez chez vous un seul pied mâle suffit à féconder normalement quatre à cinq pieds femelles. Les fruits sont toujours portés sur du bois de l’année.  Il faut une taille appropriée au cours de l’hiver. L’été, quand la liane est trop exubérante on pratique une taille en vert qui consiste à alléger la plante du surcroît de feuilles. Rabattez derrière la 4e feuille après le dernier groupe de fruits pour concentrer la sève sur les kiwis. Il faut supprimer les longues tiges sans fruits (gourmands). Enfin, si le printemps est sec, apportez 10 litres d’eau par semaine au pied de la liane pour soutenir la floraison, et par la suite, la formation des fruits.
A ne pas oublier : on peut attendre 5 à 7 ans les premiers kiwis et avoir ensuite des productions généreuses chaque année.

Haricot vert : passez tous les 2 jours

C’est vrai, seuls les haricots à filets ne supportent pas de rester plus de deux jours sur tige quand ils sont à maturité. Les gousses se gâtent, ramollissent et présentent alors des fils. Les variétés sans filets et les mange-tout peuvent rester plus d’une semaine sur plant sans dommage. Mais c’est tout de même bien mieux de les congeler. Plus tendres, ils conserveront aussi plus facilement leur saveur.

  1. Vous cueillez à deux mains sans tirer sur les gousses pour ne pas casser les tiges ni déchausser le pied.
  2. Vous équeutez et blanchissez 3 minutes dans une eau bouillante. Aussitôt après, vous les plongez 3 minutes dans une eau très froide (avec glaçons) pour bloquer la cuisson immédiatement. Séchez soigneusement dans un papier essuie-tout et mettez dans des sachets de congélation en chassant au mieux l’air avant de fermer. Vous pourrez ainsi savourer vos haricots cinq à six mois.

En + : En récoltant en continu, on favorise la floraison, ce qui prolonge d’autant la récolte.

Semez les lupins dès qu’ils fanent

C’est en fin de printemps, fin mai ou juin qu’on peut faire les semis de lupins. Ces belles vivaces ne sont pas très longévives. Il faut les remplacer tous les trois à quatre ans. Mais rassurez-vous, le semis est facile. Les graines sont assez grosses et surtout assez dures, d’où l’intérêt de les mettre à tremper une bonne nuit dans l’eau avant de les semer pour les « réveiller » en les adoucissant.

On sème en poquet de trois graines dans un pot. Elles sont à peine recouvertes de terreau. On plombe, on arrose en pluie fine, on couvre le dessus une semaine avant d’ôter la plaque et de laisser à l’ombre en attendant la levée. Un à deux mois plus tard, en septembre, on peut repiquer en terre.

Attention, utilisez des graines récoltées il y a un an.

En + : quand les hampes fanent, récoltez les gousses, faites-les sécher, récoltez les graines et stockez au sec.

Ciste : évitez les sols frais

Les cistes en fleurs sont toujours très spectaculaires. Alors pourquoi ne pas en planter ! Il est encore temps mais surtout, choisissez bien l’emplacement. Il faut du soleil, de l’air et un sol sec. Peu importe que le pH soit faible (sol acide) ou élevé (sol calcaire). La terre peut même être pauvre mais il faut qu’elle soit drainante. Réputé frileux, mais à tort, le ciste est en fait rustique jusqu’à -10° C sur sol léger. Et plus le sol est sec, plus la plante est rustique.
Arrosez un peu le premier été suivant la plantation mais plus du tout par la suite. Le seul soin à apporter est une taille légère, à pratiquer en juin, juste après la floraison, pour conserver un port régulier au sujet.

En + : ne taillez pas trop vite Cistus populifolius car il remonte encore en juillet.

Prunier : évitez les fruits véreux

Quand le ver est dans le fruit, on ne peut plus rien faire. En revanche, on peut essayer de l’empêcher d’y entrer. Et c’est en mai qu’il faut intervenir, lors de la ponte du papillon parasite.
On suspend un piège à phéromones dans la ramure mais en utilisant une capsule de phéromones adaptées au ver de la prune. Le piège contre le carpocapse utilisé dans les pommiers sera inefficace dans le prunier.
On peut aussi pulvériser un insecticide naturel tout début mai en renouvelant le traitement une fois douze jours plus tard.

En + : si vous repérez des prises dans le piège, pulvérisez un insecticide naturel sans tarder.

Tiarella : plantez-la à l’ombre

La tiarella connait un franc succès. Excellent couvre-sol, rustique, on aime les épis floraux vaporeux qui s’ouvrent d’avril à juin. Les T. cordifolia, rhizomateuses, rampent vite. Les T. wherryi, non rhizomateuses, se développent plus lentement.

Plantez en avril, à l’ombre ou mi-ombre, au frais, sur sol neutre ou acide. Elles sont cousines des heuchères avec lesquelles on les hybride pour donner des heucherellas.

En + : Arrosez souvent le premier été et paillez bien le sol.

Bouillie bordelaise

C’est bien connu, la cloque du pêcher, qui sévit aussi sur d’autres arbres à noyau, se combat quand on ne la voit pas. On traite en automne et en sortie d’hiver. Et à chaque fois, il faut pulvériser une bouillie bordelaise. Mais ce produit fongicide, agréé bio, est également efficace pour prévenir d’autres maladies cryptogamiques qui sévissent sur les arbres fruitiers. Il y a les diverses criblures qui frappent principalement les cerisiers, les rouilles qui touchent surtout les groseilliers, les tavelures qui affectent les poiriers mais aussi les pommiers. Or, il est toujours préférable de traiter préventivement car c’est plus efficace et on consomme moins de produit que si la maladie est déclenchée. C’est pour cette raison qu’il faut intervenir en mars, quand les bourgeons sont bien gonflés et s’apprêtent à éclore. Balayez bien toute la ramure de bas en haut pour couvrir au mieux les rameaux et renouvelez l’opération une fois dix à quinze jours plus tard.

En + : la poudre doit être fine. Ecrasez-la bien avant de la verser dans l’eau pour éviter la formation de grumeaux.