Semez les lupins dès qu’ils fanent

C’est en fin de printemps, fin mai ou juin qu’on peut faire les semis de lupins. Ces belles vivaces ne sont pas très longévives. Il faut les remplacer tous les trois à quatre ans. Mais rassurez-vous, le semis est facile. Les graines sont assez grosses et surtout assez dures, d’où l’intérêt de les mettre à tremper une bonne nuit dans l’eau avant de les semer pour les « réveiller » en les adoucissant.

On sème en poquet de trois graines dans un pot. Elles sont à peine recouvertes de terreau. On plombe, on arrose en pluie fine, on couvre le dessus une semaine avant d’ôter la plaque et de laisser à l’ombre en attendant la levée. Un à deux mois plus tard, en septembre, on peut repiquer en terre.

Attention, utilisez des graines récoltées il y a un an.

En + : quand les hampes fanent, récoltez les gousses, faites-les sécher, récoltez les graines et stockez au sec.

Ensacher ses poires

Cette pratique est ancienne. On ensachait les poires (et les raisins) encore au début du 20e siècle. Puis, avec les produits phytosanitaires, on a perdu cette habitude. Pourtant, c’est une protection très utile, économique et non polluante.
On intervient à la mi-juin quand l’éclaircissement naturel des poires a eu lieu et qu’on l’a complété. On glisse un sachet microperforé (ou un sachet kraft brun d’épicier dont on perfore le fond) autour du fruit. On le maintient en place avec un élastique posé sur le rameau et non sur le pédoncule. On évite ainsi au fruit les piqûres des frelons et guêpes, les attaques de carpocapse, les frappes sévères des grêles orageuses et on réduit beaucoup les risques de tavelure. Le fruit est plus gros et la peau plus fine. On retire le sachet 15 jours avant la récolte pour que le fruit reprenne une coloration normale et naturelle.


Rosier ‘Betty Boop’

Le sol peut être lourd ou calcaire, il en fait son affaire. Il aime le soleil, même caniculaire. Il fleurit généreusement en fin de printemps et remonte bien jusqu’en automne.

J’ai découvert ce rosier presque par hasard, chez un ami. J’ai été tout de suite séduit par sa floraison élégante. Dès l’année suivante, j’en plantais un pied et depuis douze ans je ne suis vraiment pas déçu.

Une floraison qui dure près de cinq mois
‘Betty Boop’ est un hybride de Rosa floribunda. Il a été créé en 1999 par l’américain Tom Carruth. C’est donc un rosier récent mais qui connaît déjà un certain succès. Compact, il ne dépasse pas 1 m de haut (ou de très peu) pour une largeur similaire. Chaque année en mai et juin, il donne une première floraison très généreuse. Puis il remonte vaillamment tout au long de l’été si on supprime au fur et à mesure les fleurs fanées. La floraison s’éteint souvent en octobre. Les fleurs bicolores sont semi-doubles. Au départ, le bouton est d’un rose-rouge presque fuchsia puis, en s’ouvrant, la fleur devient jaune et rouge vermillon puis blanc-crème et rouge magenta. Du coup, et comme souvent avec les rosiers, on trouve sur un même pied des fleurs aux aspects différents selon leur stade de développement. Les pétales, élégamment ondulés, donnent un charme particulier à ces petites fleurs de 5 à 8 cm de diamètre. Elles sont regroupées par cinq ou sept et sont légèrement parfumées.

Un sol lourd vaut mieux qu’un sol trop léger
A l’endroit que je lui ai alloué, la terre est argileuse et lourde. L’été, elle durcit comme un béton mais le rosier s’en arrange. En revanche, l’hiver, elle a tendance à garder l’humidité, voire à se gorger d’eau, ce qui ne peut pas convenir. J’ai donc planté en haut d’un talus pour profiter au mieux de l’écoulement de l’eau de pluie. Et manifestement, ‘Betty Boop’ apprécie. Le sol peut être neutre ou même calcaire, ce n’est pas un problème, même si l’idéal est une bonne terre franche. Il faut se méfier des terres trop légères, certes drainantes mais pas assez consistantes. Ce rosier aura plus de mal à s’installer. Mieux vaut, dans son cas, une terre un peu trop lourde qu’un peu trop légère et filtrante.

Il est très résistant aux maladies
Avec ‘Betty Boop’, je ne crains ni le blanc (oïdium), ni la maladie des taches noires (moniliose). Même quand ces deux maladies affectent les autres rosiers du jardin (d’anciens polyanthas, un liane, quelques modernes), ce ‘Betty Boop’ reste intact. Les feuilles, pourpres en début de saison, sont en été d’un beau vert foncé et brillant. Une météo médiocre ne semble pas être une gêne, même si ce rosier aime le grand soleil estival, chaud voire brûlant. Certains préconisent une ombre légère mais en Charente, il accepte les chaleurs caniculaires sans broncher. Le seul soin à apporter est une taille pas trop radicale mais régulière chaque année.

Une taille plutôt douce
Généralement, les rosiers issus de R. floribunda méritent d’être taillés longs. On se contente de rabattre les tiges d’un quart à un tiers de leur longueur, soit à quatre, voire cinq ou même six yeux de leur base. On intervient ainsi fin février ou début mars. Vous taillerez plus court les sujets qui montrent des signes de faiblesse, soit avec une floraison moindre, soit avec une vigueur réduite. Il faut aussi aérer le centre du pied en supprimant chaque année la ou les deux tiges les plus vieilles.

On le bouture à l’étouffée
Enfin, comme la plupart des rosiers, ‘Betty Boop’ se multiplie facilement par bouturage. La meilleure période est août et septembre. On prélève de préférence sur des tiges n’ayant pas fleuri. On place à l’étouffée sous sac plastique hermétiquement fermé ou sous bouteille. Faites deux ou trois boutures pour multiplier vos chances de succès, mais le taux de réussite est élevé.

Walter Brousse

Ciste : évitez les sols frais

Les cistes en fleurs sont toujours très spectaculaires. Alors pourquoi ne pas en planter ! Il est encore temps mais surtout, choisissez bien l’emplacement. Il faut du soleil, de l’air et un sol sec. Peu importe que le pH soit faible (sol acide) ou élevé (sol calcaire). La terre peut même être pauvre mais il faut qu’elle soit drainante. Réputé frileux, mais à tort, le ciste est en fait rustique jusqu’à -10° C sur sol léger. Et plus le sol est sec, plus la plante est rustique.
Arrosez un peu le premier été suivant la plantation mais plus du tout par la suite. Le seul soin à apporter est une taille légère, à pratiquer en juin, juste après la floraison, pour conserver un port régulier au sujet.

En + : ne taillez pas trop vite Cistus populifolius car il remonte encore en juillet.

Le savonnier

On apprécie le savonnier pour sa floraison estivale et ses fruits originaux. En plus, il accepte volontiers les sols secs, calcaires, difficiles et les expositions très chaudes. Mais vous ne pourrez pas en tirer du savon !

Le savonnier est un « petit » arbre de 7 à 10 m, très décoratif au jardin, qui offre une ombre légère bien appréciable en été. Il est original par son feuillage, sa floraison et surtout ses fruits dont l’aspect évoque des petits lampions qui restent longtemps sur l’arbre. L’écorce grise, lisse, devient ensuite cannelée avec des stries orangées. Par sa taille raisonnable, il est parfaitement adapté aux petits jardins.

Riche en saponine, on n’en fait pas du savon
Les espèces du genre botanique Koelreuteria sont originaires des vallées sèches d’Extrême-Orient et des îles Fidji. Ce sont tous des petits arbres caducs intéressants. Le premier savonnier fut introduit en France en 1789. Il appartient à la famille des Sapindacées, qui regroupe les « plantes à savon ». Il doit son nom à l’utilisation de son écorce et de ses fruits, riches en saponine, pour composer des shampoings en Asie. Mais, malgré son nom, ce n’est pas avec cet arbre qu’on fabrique le savon. Les trois espèces qui se plaisent dans nos régions sont K. paniculata (le plus répandu), K. fastigiata et K. bipinnata aux fruits décoratifs mais moins rustique que les deux autres.

Une floraison abondante et des fruits lampions
Ses feuilles font 25 à 35 cm de long. Les couleurs chatoyantes passent du rose au vert, puis deviennent jaune d’or voire orangé à l’automne. La floraison est généreuse. Les petites fleurs jaunes à centre rouge d’1 cm de diamètre, sont groupées en longs panicules de 30 à 40 cm. Elles éclosent entre les mois de juin et d’août. On remarque que la floraison est plus abondante lors des étés chauds, allant parfois jusqu’à complètement cacher les feuilles. Les fruits apparaissent entre août et octobre. Ils sont nombreux et ont la forme d’une capsule ressemblant à un petit lampion. Verts puis bruns, ils abritent des graines noires à maturité.

Où et comment planter
Le savonnier, peut exigeant, se contente de presque tous les types de sols, avec une préférence pour les sols secs, pauvres et calcaires s’ils sont bien drainés. Sur les terres argileuses, gorgées d’eau en hiver, il souffrira beaucoup les premières années. Il peinera aussi sur une terre très acide. L’arbre doit être planté dans une situation bien ensoleillée, mais si possible à l’abri des vents dominants. Ne le plantez pas trop près d’autres sujets ou d’obstacles car il faut prévoir son épanouissement et son futur diamètre d’environ 4 m. Ceci dit, sa croissance est assez lente. Il prend environ 2 m en 5 ans.
La plantation peut être réalisée toute l’année sauf en période de gel l’hiver et sauf entre la mi-mai et la mi-septembre (il fait trop chaud). Il est toujours préférable de choisir un sujet avec une motte assez conséquente car c’est souvent le gage d’une meilleure reprise. Creusez alors un trou suffisamment large (au moins 1 m de diamètre) et vérifiez le bon drainage au fond du trou. A la mise en place, prenez garde à ne pas enterrer le collet. Tuteurez les deux premières années en veillant à ne pas blesser l’écorce. Finissez en remplissant d’eau la cuvette formée autour du tronc puis paillez pour garder le sol frais. Ensuite, il est important de bien surveiller l’arrosage durant les deux premiers étés sans pêcher par excès. Un arrosage copieux une semaine sur deux, de juin à fin août sera parfait.

Une taille délicate
L’arbre supporte mal la taille, notamment les grosses coupes. La formation en tige est difficile, du fait de l’absence naturelle de flèche. il faut choisir une branche terminale et rabattre ses concurrentes. Eliminez au fur et à mesure les branches basses pour passer sous l’arbre. En revanche, si le savonnier est victime de verticiliose ou de la maladie du corail, il faut supprimer les bois malades. Il est sensible à ces maladies si le sol est humide.
En bord de mer, il peut souffrir des embruns. En revanche, dans les jardins de ville, il ne souffre pas du tout de la pollution urbaine, même très élevée.

François Willemin

Un plessis pour cacher une poubelle

Trois règles pour bien tresser

Un plessis est un tressage de tiges d’un bois à la fois souple et solide (noisetier, châtaignier). Plus les tiges sont grosses, plus l’espacement entre les piquets est important. On compte 60 cm pour des tiges de 2 à 4 cm de diamètre.
1/ Passez à la flamme la partie enterrée du piquet pour une durée plus longue.
2/ Faites un pré trou à la barre à mine.
3/ Enfoncez le piquet en frappant à la masse sur une planchette pour ne pas abîmer la tête du piquet.
Puis tressez en pointant les tiges.

La fétuque bleue

Une herbe bleue est toujours élégante, surtout dans un environnement minéral (rocaille, escalier, bordure, muret). Et en plus, cette solide fétuque résiste aussi bien aux grands froids qu’aux chaleurs caniculaires.

Depuis que les graminées sont en vogue, la fétuque bleue (Festuca glauca) connait un certain succès. Elle le doit à son aspect très graphique qui séduit les amateurs mais aussi parce qu’on peut lui trouver divers emplacements au jardin.

En plein soleil, même brûlant
Compte tenu de son port arrondi et de sa taille modeste (20 à 30 cm de haut), elle a toute sa place dans une rocaille sèche, sur un lit de graviers, pour border un escalier ou un chemin pierreux, ou même pour former un tapis couvrant près d’une terrasse. L’essentiel est de pouvoir lui assurer une exposition en plein soleil. Et plus il sera chaud, mieux ce sera. C’est si vrai que cette fétuque tolère les emplacements arides où les températures atteignent des pics en plein été. Ni les canicules, ni même la sécheresse ne lui font peur.

Un bleu plus ou moins fort
C’est vrai pour beaucoup de graminées mais plus encore pour la fétuque dont les feuilles longues et filiformes ont le profil idéal pour transpirer le moins possible. En plus, la pruine bleutée en surface des feuilles les protège des brûlures d’un soleil ardent. Evidemment, ce bleu est très décoratif. Avec la variété ‘Intense Blue’ il est bien marqué alors qu’il est plus gris, presque bleu métal, sur la variété ‘Elijah Blue’. Et si toutes les fétuques bleues sont persistantes, elles sont d’un bleu puissant en été et ont tendance à verdir en hiver quand elles ont moins de soleil et de lumière.

On la peigne ou on la taille
Toutefois, même persistante, la fétuque demande une petite taille de nettoyage en fin d’hiver. Comme pour une Stipa tenuifolia, on peut se contenter de « peigner » la fétuque à la main pour extraire les feuilles sèches et brunes du cœur de la touffe. C’est important pour permettre le renouvellement des feuilles et soigner l’aspect de la plante. On peut aussi tout rabattre à 10 cm du sol pour redonner de la vigueur au sujet. En quelques semaines, la boule sera reformée. Cette fétuque est naturellement vigoureuse et affiche une croissance rapide. Dès la première année qui suit la plantation, elle a fière allure.

Elle vient bien partout
En bord de mer, on la trouve souvent sur des sols sableux et ailleurs, sur des sols caillouteux. Le pH peut être neutre ou basique (sol calcaire). Evitez les terres trop lourdes qui vont asphyxier les racines. Si elle vient bien sur les sols pauvres, elle se plaît aussi sur une bonne terre de jardin drainante. Et ne craignez pas qu’elle s’étale car elle n’est pas du tout traçante. Il est facile d’aligner plusieurs sujets et de conserver cet alignement plusieurs années.

Multiplier est parfois utile
Après quelques années, surtout si on ne réalise pas cette taille de nettoyage, la touffe s’élargit un peu et finit par se dégarnir au centre. Pour éviter ce stade, il faut diviser. On déterre la plante en enlevant une motte conséquente. Ensuite, on retire l’excès de terre et on tranche avec une bonne lame en deux ou trois parties qu’on replante aussitôt. Cette division est à faire de préférence au printemps, sinon en octobre. Il est utile d’arroser copieusement pour aider la reprise et de poursuivre avec un arrosage tous les dix jours le premier été. Ensuite, ce sera inutile. Festuca glauca se débrouille seule aussi bien pour affronter les grands froids (rustique jusqu’à -15°C) que les fortes canicules (a priori sans limite, même dans le Midi et en Corse).

Walter Brousse

Prunier : évitez les fruits véreux

Quand le ver est dans le fruit, on ne peut plus rien faire. En revanche, on peut essayer de l’empêcher d’y entrer. Et c’est en mai qu’il faut intervenir, lors de la ponte du papillon parasite.
On suspend un piège à phéromones dans la ramure mais en utilisant une capsule de phéromones adaptées au ver de la prune. Le piège contre le carpocapse utilisé dans les pommiers sera inefficace dans le prunier.
On peut aussi pulvériser un insecticide naturel tout début mai en renouvelant le traitement une fois douze jours plus tard.

En + : si vous repérez des prises dans le piège, pulvérisez un insecticide naturel sans tarder.

L’arbre de Judée

Facile, rustique, florifère, solide, ce petit arbre est très apprécié, surtout sur des sols calcaires. Il s’intègre partout et offre une ombre qui reste légère durant l’été. Pratique !

Qui a la chance d’avoir un arbre de Judée sait que la floraison ne le décevra pas. Mieux, on l’attend chaque année et on ne se lasse pas d’admirer ce rose fuchsia incroyablement lumineux.

Il se couvre de fleurs avant de porter des feuilles
C’est autour de Pâques, entre fin mars et le milieu avril, que les fleurs apparaissent. Elles sont groupées en petits bouquets serrés et couvrent les branches et rameaux latéraux encore dépourvus de feuilles. Le contraste est d’autant plus saisissant que l’écorce est sombre. La fleur, longue d’1 cm, est d’un rose très vif. Certes, l’espèce Cercis siliquastrum compte aussi quelques variétés à fleurs blanches comme ‘Alba’ mais notre préférence va aux floraisons roses de l’espèce type ou des variétés comme ‘Flora plena’ à fleurs doubles, ‘Fructu Rubra’ rouge cerise, ou ‘Sterilis’ d’un beau rose mais ne donnant pas de fruits. En effet, les fleurs, nectarifères mais sans parfum, donnent normalement en fin d’été des fruits sous forme de longues gousses plates, plus ou moins rougeâtres, qui abritent les graines. Ces gousses peuvent rester en place presque tout l’hiver.

Il va bien sur sol calcaire
L’arbre de Judée est toujours en bonne place dans les régions de vigne avec des sols calcaires et secs. Il s’en accommode très bien à condition de soigner la plantation. Cela signifie qu’il faut creuser un trou au moins deux fois plus large que la motte et profond d’un bon fer de bêche. Il faut aussi faire tremper la motte dans une bassine d’eau plusieurs minutes pour qu’elle puisse s’imbiber jusqu’au cœur. Il faut enfin arroser copieusement et assurer durant les deux premiers étés des arrosages réguliers une semaine sur deux. Par la suite, il résistera bien aux sécheresses sans être arrosé. En revanche, sans ces mesures, il peinera à pousser et à fleurir.

Gare aux cas particuliers
L’arbre de Judée est l’espèce Cercis siliquastrum, sujet de 5 à 8 m de haut pour 4 m de large avec cette cime arrondie. Mais il existe d’autres espèces comme C. chinensis qui ne dépasse pas 2 m de haut et C. canadensis et la belle variété ‘Forest Pansy’ aux grandes feuilles violacées au printemps qui virent au rouge orangé en automne. Certes, il est rustique jusqu’à -25°C mais il demande un sol frais, surtout pas trop sec ni trop calcaire. Il diffère de l’arbre de Judée par son allure mais aussi par ses conditions de culture. Et en plus, il existe des pleureurs comme ‘Ruby Falls’ ou ‘Cascading Hearts’.

Il est utile au potager
Dans le Bordelais, en Charente, on plante souvent l’arbre de Judée au potager. C’est vrai qu’il est assez compact pour y trouver une place, mais surtout, comme toutes les autres fabacées, il a le don de fertiliser naturellement le sol en fixant l’azote atmosphérique. Mieux encore, il aurait également un effet répulsif sur les psylles du pommier et du pêcher. Il est à la fois fertilisant et protecteur ; qui dit mieux !

On peut le tailler en mai
L’arbre de Judée ne demande pas expressément à être taillé. Toutefois, naturellement, il va être buissonnant. Si vous souhaitez le conduire sur une seule tige-tronc, vous devrez supprimer les pousses inutiles au cours des premières années de sa formation. Ensuite, on se contente de supprimer les rameaux mal orientés et qui peuvent encombrer la tête de l’arbre. Dans ce cas, intervenez après la floraison, en mai-juin.

En ville et en bord de mer
Enfin, l’arbre de Judée est un solide. Il supporte la pollution urbaine, ce qui lui vaut d’être souvent planté dans les rues des centres-villes. Et il accepte tout autant les embruns salés dans les jardins de bord de mer. Encore faut-il l’avoir planté en plein soleil pour qu’il fleurisse généreusement. Très résistant aux maladies, il vit facilement entre 60 et 100 ans. Et il suffit de faire des boutures semi-aoûtées au milieu de l’été pour le multiplier. Mais dans ce cas, n’attendez pas de floraison avant cinq à huit ans.

Catherine Larenaudie

Coeurs de Marie

On trouvait ces vivaces dans les jardins de curé que nos grand-mères affectionnaient tant. Elles ont gardé ce charme un peu suranné qui leur vaut une place de choix dans les jardins de vivaces. Il existe plusieurs variétés et même deux espèces susceptibles d’intéresser les amateurs.

Parmi les incontournables d’un jardin de vivaces, on retrouve toujours les cœurs de Marie. Ces vivaces apportent une touche romantique qui s’intègre parfaitement dans un jardin anglais. Elles font partie des floraisons de printemps qu’on guette chaque année avec impatience.

Des guirlandes de cœurs dans plusieurs coloris
La plante communément appelée cœur de Marie est une Dicentra, espèce spectabilis. Il s’agit d’une vivace aux racines rhizomateuses. Son aspect est plutôt gracile avec des tiges souples et arquées. Les fleurs, retombantes, ont une forme caractéristique de cœur. Elles sont, sur l’espèce type, d’un rose tendre et un blanc pur. Les feuilles, composées, finement découpées, vert plus ou moins pourpré, sont, elles aussii, très décoratives.  Mais attention, il existe également des cultivars comme ‘Valentine’ aux fleurs entièrement rouges. ‘Alba’ aux fleurs entièrement blanches, plus tardif et plus fragile au soleil que l’espèce type, ‘Goldheart’ aux feuilles vert jaune. Et puis il existe d’autres espèces, notamment D. formosa. Les feuilles sont plus longues, très finement découpées et portées par un long pétiole. Les fleurs sont regroupées en grappes et se dressent parfois au-dessus des feuilles. Sur la variété ‘Luxuriant’, elles sont rose pourpré et blanchissent en fanant. Si les D. spectabilis atteignent 1 m de haut à l’âge adulte, les D. formosa sont deux fois plus petites (40 à 50 cm).  Elles sont plus rustiques et plus tardives avec une floraison en mai et juin donc moins exposées aux dernières gelées. En revanche, il faut vraiment lui réserver un emplacement à l’ombre. C’est indispensable pour ‘Aurora’, qui est une formosa blanche avec un feuillage fin, vert gris bleuté.

Un sol frais et une ombre légère aux heures chaudes
Les cœurs de Marie vont bien sur des sols au pH neutre ou acide. Une bonne terre de jardin, riche en humus, sera parfaite. Mais il faut surtout un endroit ombragé, par exemple sous la ramure d’un arbre caduc, à la fois pour garder le sol assez frais en plein été, mais aussi pour protéger le feuillage des rayons directs d’un soleil qui serait trop chaud. C’est très important les premières années. Par ombre légère, on entend le soleil filtré par les feuilles d’un robinier, d’un frêne ou même d’un chêne aux heures les plus chaudes de la journée à partir de mai. Le soleil du matin peut convenir car il n’est pas trop dur. Sans une ombre protectrice, la plante peut souffrir et sécher sur place. En revanche, il peut arriver qu’elle entre en dormance prématurément, c’est-à-dire dès le courant de l’été. Ne vous inquiétez pas, elle peut repartir au printemps suivant sans dommage. Néanmoins, la bonne précaution à prendre est de garder au sol toute l’année un bon paillis de feuilles.

Une menace à surveiller de très près
Les D. spectabilis sont assez précoces. Dès le mois de mars, des jeunes pousses surgissent. Or, dans un bon nombre de régions, on peut encore craindre des gelées mordantes qui viendraient anéantir le réveil de la plante. Là encore, si vous avez un paillis de feuilles, il devrait suffire à les protéger. Le danger est moins fort dans les régions froides où le réveil naturel a lieu plus tard que dans les régions au climat intermédiaire (par exemple le grand sud-ouest) où des violents coups de froid tardifs causent de mauvaises surprises. En revanche, et c’est un sérieux atout, les cœurs de Marie ne sont pas convoitées par les limaces. Elles sont même délaissées par les gastéropodes comme le sont les giroflées, les jeunes pousses de pivoines, les bleuets. Mais à côté des cœurs de Marie, il y a souvent des heuchères, des tiarellas, des hostas, des pigamons, des brunneras et autres plantes qui elles sont la cible des limaces. Il est donc utile de rester vigilant.

Il ne faut surtout pas les déranger
Rustiques, solides, résistantes aux maladies, les Dicentra ne demandent pas de soins particuliers. Elles demandent juste un peu de patience car il faut compter quelques années (environ 5 ans) pour qu’un sujet puisse prendre sa taille adulte. Alors évidemment, il ne faut surtout pas les déranger durant tout ce temps, mais même par la suite. Les racines rhizomateuses sont fragiles.
Pour multiplier une dicentra, ne cherchez pas à diviser le pied. Optez toujours pour le bouturage d’une racine. Ce mode donne de bons résultats et ne perturbera pas la plante.

On l’arrose seulement la première année
C’est vrai, les Dicentra sont des vivaces de sous-bois clairs et frais. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’au jardin vous devez lui assurer un arrosage régulier. Evidemment, la première année, surtout le premier été qui suit la plantation, vous devez assurer un arrosage hebdomadaire au pied du sujet. Cela permettra d’accompagner l’ancrage des racines en terre. Mais les années suivantes, c’est inutile. La plante, sur un bon sol humifère et paillé, n’a pas besoin qu’on l’arrose. Elle pourrait même souffrir de cet excès d’attention. Sur une terre lourde, c’est même souvent la cause de vraies difficultés, voire d’assèchement de la plante dont les racines se retrouvent noyées et donc incapables d’ingurgiter l’eau versée. En réalité on n’arrose pas les cœurs de Marie sauf en cas de sécheresse très prolongée.

Louis Vittu