Barjouville (28) : Fête des Plantes

Les 12 et 13 octobre 2019, de 10h à 18h
Parc du Château des Voisins
28630 BARJOUVILLE
Entrée : 3 euros
Il y aura environ 50 exposants, associations et producteurs avec différentes spécialités (pépiniéristes, décorations pour le jardin, outils de jardinage…) ainsi que différentes conférences autour du jardin.
Restauration sur place.

Le passe-pied au potager

On a tous connu les planches que les anciens jetaient entre les rangs du potager pour se déplacer. Le nom est d’ailleurs resté pour désigner une longueur. Mais ces planches ne sont pas toujours stables, surtout si on se déplace avec une brouette. Alors les plus ingénieux prévoient des « passe-pied » qui puissent être assez larges et assez solides. Au hasard de nos ballades jardinières, nous avons apprécié toutes sortes de passe-pied. Les parties supérieures des palettes posées simplement sur le sol permettent déjà à la roue de la brouette de ne pas s’enfoncer dans la terre rendue boueuse après une averse. Le passe-pied en pierre semble plus durable mais il peut se couvrir assez vite de terre. Il faut donc surélever chaque pierre en ménageant une assise en sable pour une bonne stabilité. Enfin, certains combinent efficacité et esthétique. C’est le cas avec ce joli passe-pied en petits briques. Là aussi, on a creusé une légère fosse, damé le sol puis apporté du sable avant de poser et ancrer les briques.

Coqueret du Pérou

On l’appelle coqueret du Pérou, groseille du cap, lanterne japonaise ou plus joliment amour en cage. Ce physalis produit de nombreuses baies, à savourer seulement lorsqu’elles sont bien mûres, durant tout l’automne.
C’est insolite, décoratif, savoureux et c’est même bon pour la santé. En plus, ces petites baies sont vendues à des prix très élevés, au moins 15 € le kilo mais le plus souvent le double, voire le triple ! Bref, on a que des avantages à se mettre à cultiver le physalis au jardin.
Une vivace cultivée comme une annuelle
Le coqueret du Pérou (Physalis peruviana) appartient à la famille des solanacées, comme la tomate ou la pomme de terre. Et comme ces plantes cousines, elle nous vient d’Amérique du Sud. C’est une vivace qui peut rester en place toute l’année dans les régions où l’hiver est assez doux. Partout ailleurs, on doit la cultiver en annuelle en faisant un semis.

Une levée lente suivie d’une croissance rapide
On opère en mars dans une serre ou véranda. On remplit une terrine (bac à semis dont le fond est percé de plusieurs trous de drainage) aux deux tiers d’un terreau simple. On plombe un peu, on bruisse une eau de pluie et on sème très clair avant de couvrir d’une fine couche de terreau tamisé. On pulvérise une seconde fois et on patiente. La levée peut prendre trois à quatre semaines dans un local à 18° C. Quand chaque petit plant présente deux vraies feuilles, en avril, on repique en godet individuel qu’on place en serre froide. Un mois plus tard, le sujet dispose d’un système racinaire suffisant. Il peut être alors planté en terre.
Le pincement est conseillé
Ensuite, certains laissent faire la nature en se contentant d’arroser au pied les plants. Pourtant, j’ai rencontré plusieurs pépiniéristes qui conseillent fortement de pincer les tiges dès le départ pour obliger le sujet à ramifier et à drageonner. Ensuite, une dizaine de pieds peut alors donner des milliers de baies. Sans pincement, un pied donne 100 à 150 baies.
Il lui faut du soleil 
Le physalis est de culture facile. Il n’est sensible ni au mildiou, ni au blanc, (peut-être un peu à la rouille), et n’est menacé par aucun parasite particulier. Il faut juste une exposition très ensoleillée pour assurer une bonne fructification. Le physalis se débrouille dans des terres parfois pauvres ou en friche. Dans un jardin, une bonne terre sera appréciée mais elle devra être plutôt légère et en tout cas très drainante. Vous aurez juste à arroser au pied pour éviter que le sol reste sec trop longtemps. Enfin, ultime précaution, on tuteure, même sommairement, pour éviter que les grandes tiges ne cassent sous le poids des feuilles.
On récolte seulement les baies totalement mûres
En début de saison, les calices (ou lanternes) sont verts, puis virent au jaune et enfin à l’orangé ou au rouge vermillon. C’est seulement lorsqu’elles sont bien mûres que les baies sont consommables. Plus tôt, elles seraient trop acides. Certaines variétés plus précoces donnent leurs premiers fruits en août, mais le plus souvent la récolte s’étale de fin août à fin octobre. On peut même attendre que les baies tombent d’elles-mêmes au sol pour les ramasser, avec la certitude qu’elles soient mûres. On peut aussi les croquer crues et apprécier leur saveur d’ananas. On peut aussi les utiliser pour agrémenter (et décorer) des desserts chocolatés ou des viandes. L’espèce Physalis pruinosa donne des baies plus petites, de la taille de gros grains de maïs. Les plants se développent au sol sans trop grandir et produisent beaucoup.
Walter Brousse

Pourquoi n’ai-je pas de kiwis ?

L’actinidia (ou liane donnant les kiwis) est une plante dioïque : les fleurs mâles et femelles sont réparties sur des pieds distincts. Si vous avez chez vous un seul pied mâle suffit à féconder normalement quatre à cinq pieds femelles. Les fruits sont toujours portés sur du bois de l’année.  Il faut une taille appropriée au cours de l’hiver. L’été, quand la liane est trop exubérante on pratique une taille en vert qui consiste à alléger la plante du surcroît de feuilles. Rabattez derrière la 4e feuille après le dernier groupe de fruits pour concentrer la sève sur les kiwis. Il faut supprimer les longues tiges sans fruits (gourmands). Enfin, si le printemps est sec, apportez 10 litres d’eau par semaine au pied de la liane pour soutenir la floraison, et par la suite, la formation des fruits.
A ne pas oublier : on peut attendre 5 à 7 ans les premiers kiwis et avoir ensuite des productions généreuses chaque année.

Planter une bignone

Depuis quelques années, la bignone a démontré sa capacité à s’installer dans presque toutes les régions. Septembre est d’ailleurs le bon moment pour la planter. Profitez-en mais en prenant les quelques précautions d’usage.
Vigoureuse, florifère, la belle bignone a longtemps été cantonnée dans les régions méridionales. Or, depuis quelques années cette solide grimpante a montré toute sa capacité à s’installer aussi au nord de la Loire. Mais attention, il faut tout de même respecter quelques précautions.
Evitez les sols trop lourds
Les bignones tolèrent tous les types de sols. Le pH peut être neutre, un peu acide ou même calcaire. Une bonne terre de jardin est appréciée, surtout pour aider l’enracinement, mais une terre moyenne à pauvre peut convenir. Il faut juste éviter les terres lourdes, argileuses, qui se gorgent vite d’eau l’hiver dès qu’il pleut. Le terrain doit être drainant, léger, sans humidité stagnante.
Plein soleil ou mi-ombre
La bignone aime le grand soleil, même quand il est très chaud l’été, voire brûlant. Plus elle a de soleil et plus sa floraison est généreuse. Il faut l’orienter plein sud ou plein ouest sans soleil le matin mais au moins tout l’après-midi. Si elle n’a pas au moins 5 heures de soleil par jour l’été, elle fleurira moins.
Un support à sa mesure
Les bignones (à l’exception de quelques rares hybrides) sont de vigoureuses grimpantes qui peuvent se hisser à 5 à 8 m de haut. On peut tout de même les contenir à 2 m si on le souhaite Elles sont munies de crampons sur les tiges qui permettent, comme un lierre, de se tenir contre une façade ou contre le tronc d’un arbre autour duquel elle s’enroule comme une guirlande géante. On peut aussi leur réserver une grande grille de clôture ou des arches sachant qu’il faudra alors les tailler très court.
Un trou profond et large
On dit souvent qu’il faut creuser un trou de plantation profond d’au moins un fer de bêche. C’est juste mais insuffisant. Le trou doit être surtout assez large pour ne pas bloquer le développement racinaire qui se fait latéralement et de biais avant de plonger en profondeur.
Septembre est le bon mois
Il est vraiment conseillé de planter la bignone à partir de la mi-septembre ou début octobre car la terre est encore chaude et les nuits sont assez fraîches. Un arrosage copieux à la plantation et une fois par semaine durant un mois seront suffisants pour que la plante s’enracine tranquillement avant le début de l’hiver. En plantant en avril, ou mai, vous êtes obligé d’arroser tous les trois à quatre jours durant tout l’été pour soutenir la mise en place de la bignone. C’est beaucoup plus contraignant et plus risqué.
Quelle espèce choisir
Il existe principalement deux espèces. Campsis (ou Bignonia) grandiflora est originaire de Chine. Elle porte des grappes de grandes fleurs en forme de trompettes de 12 à 15 cm, rouge ou orangé, de juillet à octobre. Elle a parfois peu de crampons, ce qui oblige à la palisser sur son support. Campsis radicans, originaire d’Amérique du Nord, plus classique, a des grappes de six à douze fleurs, fines, orangé (espèce type), jaune (‘Flava’), rouge sang (‘Stromboli’). Tardive, elle fleurit d’août à octobre.
Louis Vittu

Tomate et basilic, le couple gagnant

Planter du basilic tout près de vos pieds de tomate est devenu une règle de base chez bon nombre de jardiniers. Le basilic a un effet protecteur sur les tomates, les protégeant de la plupart des maladies auxquelles elles sont sensibles. Le basilic a besoin de soleil et d’une terre fertile, comme les tomates.
En revanche, cette plante aromatique demande des arrosages réguliers, ce qui n’est plus le cas des tomates à partir de juillet. La solution consiste donc à planter sur 15 cm de profondeur une demi bouteille de plastique autour du basilic pour concentrer l’arrosage au bon endroit sans risquer d’abreuver le pied de tomate.

Gypsophile

Avec son allure très délicate, presque fragile, elle surprend toujours en résistant si bien aux fortes chaleurs et longues sécheresses. C’est une frugale qui demande peu de soins et met en valeur les plantes voisines.

On peut parler d’un vrai retour en grâce. Après avoir été très présente dans les jardins de curé de la première moitié du XXe siècle (eh oui, il y a déjà cent ans !) cette plante avait presque totalement disparu. Certes, les fleuristes ont toujours utilisé du gypsophile (surtout les annuelles) pour agrémenter leurs bouquets de roses, mais les jardiniers ont préféré se tourner vers des floraisons plus spectaculaires aux couleurs vives. Et puis, progressivement, avec des jardiniers plus avertis, le charme particulier du gypsophile rayonne à nouveau.

L’amie de la chaux
Le nom même de gypsophile vient du grec ancien philos signifiant ami et gypsos la chaux. Cette plante va donc se plaire prioritairement sur des sols calcaires ou neutres. Mieux vaut éviter de la planter sur une terre acide. Il faut un terrain bien drainant, léger, caillouteux ou même sableux et donc qui sèche rapidement. A l’inverse, les terres lourdes, ou tout simplement consistantes, sont à proscrire. Enfin, cette vivace est frugale ; elle se contente de sols moyens ou carrément pauvres, éventuellement profonds pour permettre aux racines assez puissantes de se développer.

Des panicules de fleurs à l’aspect vaporeux
L’espèce qui nous intéresse, Gypsophila paniculata, est caractérisée par d’innombrables petites fleurs rassemblées en larges panicules à l’extrémité de tiges très fines et ramifiées. Les feuilles sont elles aussi fines, étroites et d’un vert gris qui les rend discrètes. Résultat : la plante n’est plus qu’un nuage vaporeux de minuscules fleurs, blanches et doubles avec la variété ‘Bristol Fairy’, roses et doubles avec ‘Flamingo’, blanches et simples avec l’espèce type, doubles et d’un rose plus ou moins nacré avec ‘Pink Fairy’ et ‘Pink Festival’, ces dernières ne dépassant pas 50 cm de haut alors que les autres atteignent presque 1 m.

Un grand soleil même chaud
On comprend bien qu’avec des feuilles, des tiges et des fleurs si fines et si menues, la plante puisse résister à des chaleurs caniculaires et à des longues sécheresses. Mieux, plus il y a du soleil chaud et plus la plante fleurira généreusement. Ce n’est pas très surprenant pour cette plante originaire du pourtour méditerranéen et dont l’espèce type (G. paniculata) pousse encore spontanément en Grèce, en Crète, à Chypre, en Italie.

Un entretien simple mais nécessaire
Ce gypsophile ne demande pas beaucoup de soins. On arrose juste à la plantation et le premier été en cas de chaleur et sécheresse. Ensuite, la plante doit se débrouiller toute seule. On supprime les panicules quand elles fanent pour aider le renouvellement. En sortie d’hiver, on rabat un peu les fines tiges pour conserver un port général à la plante. Enfin, gare aux grands coups de vent parfois violents l’été et aux averses orageuses. Il est plus prudent de tuteurer discrètement les fines tiges pour éviter qu’elles ne plient trop vite et se cassent.

Catherine Larenaudie

Haricot vert : passez tous les 2 jours

C’est vrai, seuls les haricots à filets ne supportent pas de rester plus de deux jours sur tige quand ils sont à maturité. Les gousses se gâtent, ramollissent et présentent alors des fils. Les variétés sans filets et les mange-tout peuvent rester plus d’une semaine sur plant sans dommage. Mais c’est tout de même bien mieux de les congeler. Plus tendres, ils conserveront aussi plus facilement leur saveur.

  1. Vous cueillez à deux mains sans tirer sur les gousses pour ne pas casser les tiges ni déchausser le pied.
  2. Vous équeutez et blanchissez 3 minutes dans une eau bouillante. Aussitôt après, vous les plongez 3 minutes dans une eau très froide (avec glaçons) pour bloquer la cuisson immédiatement. Séchez soigneusement dans un papier essuie-tout et mettez dans des sachets de congélation en chassant au mieux l’air avant de fermer. Vous pourrez ainsi savourer vos haricots cinq à six mois.

En + : En récoltant en continu, on favorise la floraison, ce qui prolonge d’autant la récolte.

Des géramiums en déco

On trouve les géraniums le plus souvent en jardinières, aux fenêtres ou sur les balcons. Mais on peut laisser aller son imagination et créer des décorations sympas.

Voici différentes idées. Vous pouvez retrouver les tutos sur le site de Pelargonium for Europe : https://www.pelargoniumforeurope.com/fr/inspirations/

Les arums

Voici une plante qui nous est familière et sur laquelle on se trompe souvent. Certaines idées préconçues sont à corriger si on veut cultiver cette solide vivace avec succès.

Il y a d’abord cette idée répandue, qu’il faut pourtant relativiser, sur le sol dont a réellement besoin l’arum. Il y a ensuite cette question sur la frilosité prétendue de la plante. On s’interroge encore sur la synonymie réelle ou fictive avec Calla dont l’aspect est identique à celui des arums. Enfin, il ne faut pas se tromper sur les origines de cette plante qui expliquent pour beaucoup certaines de ses aptitudes. Bref, même si les arums sont des plantes très présentent depuis longtemps dans la plupart de nos régions, il est nécessaire de rappeler quelques vérités à leur sujet.

Hélophyte ou amphiphyte
On qualifie souvent les arums de plantes semi-aquatiques, ce qui n’est franchement pas très précis. Pour les uns, il s’agit de plantes de berge (amphiphytes) et pour d’autres, elles peuvent avoir les pieds dans l’eau (hélophytes). En réalité, l’arum est une plante de berge qui a besoin d’un sol frais à humide et qui supporte très bien d’avoir quelques jours, voire semaines, les pieds immergés. Mais attention : cette plante a aussi besoin d’être sur un sol seulement frais (ni humide, ni inondé) durant deux à trois mois pour profiter d’une période de repos. C’est souvent au milieu de l’été. On peut également cultiver l’arum en bac avec des arrosages réguliers mais sans l’inonder. Enfin, après deux ou trois étés, l’arum peut vivre toute seule sans un seul arrosage dans l’année sur une terre de jardin normalement consistante et fertile.

Rustique jusqu’à -10° C
J’ai très souvent entendu que l’arum était assez frileuse et qu’elle souffrait dès -5° C. Or, pour l’avoir expérimenté, je peux affirmer qu’elle supporte très bien des minimales à -10° C. Mais dans mon jardin, elle est plantée en haut d’un petit talus et bénéficie d’un bon drainage. L’hiver, la terre est fraîche mais pas gorgée d’eau. Il est vrai que si le sol reste détrempé et qu’il gèle, la rusticité de l’arum sera beaucoup moindre. Et puis, comme toujours, la plante développe sa rusticité au fil des années. Une arum de 8 ans et plus sera beaucoup moins frileuse qu’un jeune sujet d’un ou deux ans.

Elle ne se propage pas
La plante communément appelée arum fait partie du genre botanique Zantedeschia. Celui-ci compte six espèces, les plus connues étant Z. aethiopica (essentiellement aux fleurs blanches mais parfois colorées), Z. rehmannii (blanc, rose, pourpre), Z. elliottiana (jaune d’or). Il existe par ailleurs une autre plante qui constitue à elle seule un genre spécifique appelé Calla qui compte une seule espèce palustris. Cette plante a elle aussi une inflorescence composée d’un spadice au cœur d’une grande spathe colorée mais elle ne dépasse pas 25 cm de haut alors que les Zantedeschia font entre 30 et 80 cm, voire 1 m. Et puis le rhizome de Calla trace dans la vase sous 5 cm d’eau et peut atteindre 50 cm de long. Ce n’est pas le cas des Zantedeschia. Mais l’utilisation du même nom vernaculaire, arum, pour les deux catégories de plantes laisse croire à certains, à tort, qu’il s’agit des mêmes plantes.

Elle n’est pas éthiopienne
La belle Z. aethiopica ne vient pas d’Ethiopie mais d’Afrique du Sud. On comprend mieux le comportement de cette plante moins fragile qu’on peut le craindre, même si son aspect est quelque peu exotique.

Catherine Larenaudie