La bruyère d’hiver

Cette jolie bruyère alpine est la plus rustique des bruyères. Quelles que soient les conditions climatiques, elle fleurit chaque année avec régularité. C’est une solide qui supporte même le calcaire et l’ombre.

Elle est très rustique et sacrément solide
Le nom botanique de cette plante est Erica carnea. Son nom commun est bruyère d’hiver ou bruyère des Alpes, voire bruyère carnée. Il s’agit d’un petit sous-arbrisseau aux tiges vite ligneuses, au feuillage persistant et aux floraisons hivernales. Cette bruyère encaisse des froids intenses (- 15°C sans difficulté) mais aussi la pollution urbaine, les vents violents, les embruns marins. Bref, c’est une rustique, dure à cuire qui rien n’effraie.

Une belle floraison en plein cœur de l’hiver
Mais évidemment, l’atout le plus apprécié est sa floraison généreuse qui se déroule tout l’hiver. Les variétés les plus précoces commencent à s’épanouir dès novembre et les plus tardives s’éteignent en avril. Elles sont donc, pour la plupart, en fleurs en plein hiver, même sous la neige et des froids rigoureux comme on en connaît en basse ou moyenne montagne, ou dans le Nord, les Ardennes et en Belgique.

Rose, rouge, violet, blanc
Il existe plusieurs variétés de différentes couleurs.
Parmi les plus connues citons :
‘Rosalie’, rose vif, hauteur 20 cm, est en fleurs de janvier à avril.
‘Pink Sangles’, rose clair, 40 cm de haut, fleurit de décembre à avril.
‘Myretoune Ruby’, rouge foncé, 15 cm, est en fleurs à la même période ainsi que ‘December Red’, rouge franc, hauteur 25 cm.
Parmi les bruyères blanches, ‘Snow Queen’, hauteur 15 cm, fleurit de novembre à mars et ‘Spring Wood Alba’, 25 cm de haut, fleurit de novembre à février.

Ne plantez pas trop profond
Cette Erica carnea aime les sols acides mais s’adapte aussi très bien dans une terre neutre voire un peu calcaire. Néanmoins, à la plantation, préparez un mélange à parts égales de terre de jardin et de terre de bruyère et ajoutez systématiquement un peu de sable pour que le drainage soit très bon. En revanche, n’utilisez pas de compost. Cette bruyère n’est pas du tout gourmande. Dépotez et plongez la motte au moins un quart d’heure dans l’eau pour qu’elle s’imbibe à cœur. Enfin, mettez en place sans enterrer profondément le sujet. Le haut de la motte doit vraiment être à fleur de sol.

Pratiquez une taille légère mais très utile
C’est vrai, dans les landes et les sous-bois, les bruyères se passent très bien de taille. Pourtant, au jardin, une taille maîtrisée permet d’accroître la longévité des plants et de leur garder un port harmonieux. On intervient toujours après la floraison, c’est-à-dire dans la seconde moitié du printemps. On se contente de raccourcir de moitié les jeunes pousses. Il ne faut  pas être trop sévère car on n’obtient pas de nouvelles tiges sur du vieux bois et la floraison a lieu sur les pousses d’un an. Mais il ne faut pas non plus tailler trop long en épointant car la plante « filocherait » vite en faisant trop de vieux bois. Il faut tailler juste.

Walter Brousse

Citronnier : pour qu’il passe l’hiver sans encombre

Sur le littoral méditerranéen, on cultive le citronnier en pleine terre. Ailleurs, on le cultive en bac mais il s’y prête très bien. Plus solide et rustique qu’on le croit, il mérite tout de même des soins. Mais attention : pas d’excès !

Le citronnier est l’agrume le plus facile à cultiver chez soi. Plus que le froid et même la neige, ce sont d’abord les chutes brutales de température qui sont à craindre. Le citronnier est capable de résister à -2°C voire encore un peu moins si c’est bref. Bien évidemment, on peut le protéger mais pas n’importe comment. Il arrive trop souvent que des mesures inadaptées empirent les choses.

Des mesures utiles
Certes, il faut protéger la partie aérienne de la plante, mais il est plus important de protéger la partie souterraine, c’est-à-dire les racines, surtout pour les sujets en bac plus exposés au froid, et surtout si le citronnier est dans un pot en terre cuite qui peut éclater sous l’effet du gel. Faites aussi une petite taille de nettoyage. Cela consiste à supprimer les branches qui se croisent et les rameaux en surnombre, pour laisser entrer un maximum de lumière. Retirez les fleurs, s’il y en a, surtout si l’hivernage a lieu sous véranda. Raccourcissez les rameaux trop longs pour maintenir un port arrondi. Enfin, chassez les cochenilles et araignées rouges qui pourraient s’y réfugier. Si les feuilles sont déjà couvertes de fumagine (dépôt noirâtre), nettoyez-les avec un chiffon d’eau un peu savonnée (savon de Marseille). Seulement en cas de forte attaque, vous pouvez pulvériser un insecticide naturel.

Les sujets en extérieur
Si votre citronnier en bac doit hiverner en extérieur, essayez de le placer contre la façade sud de la maison. Si possible rapprochez-le d’une baie vitrée afin qu’il profite un peu des déperditions de chaleur. Evitez le vent et les courants d’air. On peut l’en préserver à l’aide d’une vitre-écran. Paillez avec une couche épaisse directement sur la terre et faites-la remonter un peu autour du tronc. La partie aérienne peut être couverte d’un voile d’hivernage durant les jours les plus froids.
Attention, car c’est autant de temps que le citronnier passe sans lumière. Il faut donc le découvrir dès que la température remonte, même pour une seule journée. Cela permet aussi de lutter contre les parasites qui se développent vite en milieu clos.

Sous serre froide
Avant de rentrer le citronnier, lavez les parois du pot ou du bac et préparez le sujet comme nous venons de l’indiquer. Lavez aussi les vitres du local dans lequel vous l’abritez. Il faut une serre froide, ou véranda non chauffée, avec une température entre 6° et 12°C. Si la pièce est chauffée autour de 18°C , le cycle de l’arbre fruitier sera perturbé. Il va continuer de fleurir et donnera des fruits. Il sera donc privé d’un repos dont il a besoin et s’épuisera très vite. À défaut de serre froide assez grande, un sous-sol ou un garage peut convenir mais à la condition expresse qu’il y ait une fenêtre. Votre citronnier ne peut pas être privé de lumière. Dès que la météo le permet, ouvrez la porte pour aérer.

La diète est nécessaire
L’hiver, l’arbre est au repos. On n’arrose pas du tout les sujets en pleine terre. Pour les citronniers en bac rentrés sous serre, on réduit les arrosages à un par mois juste pour éviter un dessèchement de la terre. Surtout, n’arrosez jamais avant une vague de froid annoncée. Les racines sont sensibles, même en hiver.

François Willemin