Sa floraison est généreuse et dure sept à huit mois par an. Volubile, elle a besoin d’un support. Mais attention : on lui reproche d’être envahissante, de gêner les plantes voisines, d’être frileuse. Distinguons le vrai du faux.

Voilà une belle grimpante, très florifère et qui, dans certaines circonstances, fait preuve d’une solide résistance. Chaque année, j’admire sa floraison généreuse et forcément, j’en ai planté trois pieds au jardin. Pourtant, deux de mes amies, expérimentées, ont émis de grandes réserves à l’encontre du solanum.

Des racines partout et un grand développement
Martine est catégorique : « C’est presque une peste. Oui, c’est vrai, c’est joli » reconnait-elle, « mais ça fait des racines partout dans tous les sens. Toutes les plantes situées autour d’elle en souffrent. » Non seulement le bloc racinaire situé au pied de la plante est dense, mais plusieurs tiges souterraines courent en émettant des rejets un peu partout dans le massif. A écouter Martine, ça prolifère au point de gêner des vivaces voisines (heuchères, campanules, géraniums) et même des rosiers. Second reproche, ce faux jasmin a un trop grand développement. C’est vrai, cette grimpante émet de longues tiges avec un feuillage exubérant. Mais là encore, elle peut vite gêner une clématite que vous auriez plantée à proximité ou sur le même support. Elle peut couvrir un rosier et le priver de soleil et d’air. Bref, ce n’est pas une plante compagne facile. Il est donc plus prudent de bien choisir son emplacement.

Une grimpante volubile sans vrille ni crampon
Communément appelée morelle faux jasmin, cette grimpante est un Solanum jasminoïdes (synonyme de Solanum laxum). Selon les conditions et surtout le climat, elle atteint 3 à 10 m de haut pour 2 à 6 m de large. Sa croissance est le plus souvent ultra rapide. En deux ou trois ans, elle peut atteindre sa taille adulte. C’est une véritable plante volubile car n’ayant ni crampon (comme le lierre ou la bignone), ni vrille (comme la clématite), ce sont ses tiges qu’elle enroule autour du support. Pour y parvenir, les tiges sont capables de s’allonger démesurément pour aller attraper un rameau ou un grillage sur lequel s’appuyer. Mais il lui faut un support. A défaut, elle formera un buisson informe et s’étouffera elle-même assez vite.

Plus rustique qu’on le pense
On a longtemps considéré ce solanum comme une grimpante frileuse adaptée aux jardins de bord de mer. C’est à la fois faux et vrai. Faux parce que la plante est plus rustique qu’on le pense. Sa partie aérienne souffre à partir de – 5 °C et il suffit de la rabattre en mars pour qu’elle reparte de plus belle. Ce n’est qu’à – 10 °C que la motte est menacée. Mais il est vrai qu’elle adore la douceur des climats océaniques et méditerranéen. Elle encaisse sans broncher les embruns et les vents marins. Néanmoins, on peut fort bien la planter ailleurs, hormis les régions aux hivers froids où on devra la cultiver en bac.

6 à 8 mois de floraison
L’espèce type donne des fleurs en forme d’étoile, d’un joli bleu-mauve assez pâle. Elles sont regroupées en cymes, sortes de grappes généreuses. Mais il existe des variétés aux fleurs d’un blanc pur et aux feuilles vert foncé comme ‘Album’ ou encore ‘Aureovariegatum’ avec un feuillage panaché. Pour la plupart, la floraison commence en mai. Elle est très forte en plein été, faiblit en octobre et s’achève en novembre. En bord de mer, elle peut se prolonger sporadiquement jusqu’en décembre.

Tous types de sols légers
Enfin, ce solanum s’adapte à peu près partout, même sur des terrains un peu calcaires. Mais sa préférence va tout de même sur des sols neutres à acides. Il faut éviter les terres lourdes, argileuses qui sont humides en hiver. La plante résistera moins bien au froid. A l’inverse, sur des terres filtrantes, on peut apporter un peu de compost pour donner au sol la consistance qui lui manque. Toutefois, ne cherchez pas à fertiliser la terre, et encore moins à utiliser des engrais. Cette grimpante est bien assez vigoureuse pour avoir besoin d’aide. Il lui faut du soleil, de l’air et un bon support pour donner le meilleur.

Au départ, il faut arroser
Plantez entre début mars et mi-mai, le plus tôt est le mieux, mais hors gel. On doit arroser au pied les deux premières années, du printemps à l’automne. Un arrosage copieux par semaine en plein été.

Jules Bara