Aiguiser et nettoyer facilement les sécateurs

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C’est l’outil le plus utilisé au jardin. C’est simple, on ne sort pas sans son sécateur. Et pourtant, on ne l’entretient pas comme il mérite de l’être. Or, c’est beaucoup plus facile qu’on ne l’imagine et c’est tellement important.

Est-ce très gênant de ne pas entretenir son sécateur régulièrement ?
Oui, clairement oui ! Avec un sécateur mal affûté, on fait toujours de mauvaises coupes. L’écorce et le bois sont plus ou moins déchirés. Ils cicatrisent moins vite, moins bien et deviennent souvent des foyers d’infections. Parfois on veut reprendre une coupe mal faite et on raccourcit la tige plus qu’on ne souhaitait le faire au départ.
Tailler un arbre fruitier ou des rosiers sera aussi plus long et plus fatiguant. Et puis la lame, salie par la sève qui se colle dessus inévitablement, va transporter toutes sortes de germes de maladie et contaminer d’autres plantes plus facilement qu’elle ne le ferait si elle était aiguisée, propre et régulièrement désinfectée.

Faut-il absolument démonter un sécateur pour l’affûter ?
Non, bien sûr. Pourtant, c’est souvent parce que les gens pensent que l’affûtage est compliqué à faire qu’ils y renoncent. Mais attention, on ne procède pas n’importe comment. Sachez d’abord qu’un sécateur est muni d’une lame avec un fil tranchant et d’une contre-lame plate (ou d’une enclume fixe), large et non coupante.
On aiguise seulement la lame et jamais la contre-lame. Pour cela, on tient le sécateur ouvert dans une main en l’orientant bien vers le sol. On commence toujours par affûter d’abord la face biseautée de la lame, puis la face plate de la lame. Certains aiguisent uniquement la face biseautée pour obtenir un fil plus tranchant et surtout plus régulier. Pour ma part, j’affûte aussi la face plate mais un peu moins (deux à trois passages) que la face biseautée (cinq à six passages).

Comment doit-on utiliser une pierre à aiguiser ?
Il existe plusieurs modèles de pierre à aiguiser à des prix très variés. Un modèle de base peut déjà suffire. On parle aussi de pierre à eau car il est préférable de la mouiller pour la rendre un peu plus abrasive.
Il faut juste tenir fermement la pierre dans la main et la faire glisser bien à plat le long de la lame en respectant au mieux l’angle du biseau. Evitez de faire un va-et-vient et brossez en appuyant bien sur la lame. Certains préfèrent procéder en faisant des petits gestes circulaires : c’est peut-être plus abrasif mais c’est plus difficile de réaliser un affûtage très régulier.

Comment sait-on que la lame n’est pas correctement affûtée ?
Généralement, on s’en rend compte à la qualité des coupes. Si la plaie est nette, propre et facile à réaliser, la lame doit être en bon état. Mais il existe un moyen simple de s’en assurer. Découpez avec votre sécateur de fines bandes dans une feuille de papier journal. Si vous y parvenez, le sécateur est en bon état. Si le papier est plus ou moins déchiré, il faut un affûtage.

Pourquoi un sécateur bien aiguisé peut-il tout de même mal couper ?
C’est vrai, ça peut arriver. Dans ce cas, c’est la tension entre la lame et la contre-lame qui fait défaut. Vous devez prendre le temps de démonter le sécateur. Vous en profiterez pour affûter la lame démontée (ce sera plus complet), nettoyer et graisser l’articulation du sécateur et le remonter dans le bon ordre en resserrant à bloc.

Pourquoi certains graissent-ils leurs sécateurs ?
Avec le temps, il y a souvent une corrosion qui se met en place, surtout si vous rangez le sécateur sans jamais le nettoyer. Du coup, si vous démontez le sécateur (une fois par an), c’est l’occasion pour glisser de l’huile dans le rouage entre la lame et la contre-lame. Mais on peut, sans avoir à tout démonter, passer un chiffon graissé sur la lame et la contre-lame et les autres parties métalliques de l’outil. C’est à faire en hiver si vous n’utilisez plus le sécateur durant plusieurs semaines d’affilée.

Est-ce vraiment utile de « désinfecter » les sécateurs ?
Oui bien sûr, et c’est tellement simple à faire. On imbibe un chiffon d’alcool à brûler (ou bien d’eau de javel) et on nettoie la lame et la contre-lame juste avant de commencer une taille. Evidemment, on ne le fait pas tous les jours alors même qu’on ne sort pas au jardin sans un sécateur en mains. Mais si on le faisait au moins une fois par semaine au printemps et en été, ce serait déjà bien. En revanche, c’est fortement recommandé avant d’attaquer une vraie séance de taille sur des rosiers, certains arbustes et sur des arbres fruitiers qu’on exécute selon les cas au milieu ou en fin d’hiver.

Faut-il préférer un modèle de sécateur plutôt qu’un autre ?
Attention, il y a les modèles et les catégories.
Concernant les modèles, chacun à sa façon propre de tenir un outil, ce qui nous conduit spontanément à préférer un sécateur plutôt qu’un autre, pour son poids, pour son équilibre, pour son angle d’ouverture, pour son grip (l’adhérence en main).
Et puis, il y a deux catégories de sécateurs, à enclume et à contre-lame.
L’enclume fixe, ne coupe pas. Elle est large, épaisse et va donc avoir un effet d’écrasement de la tige qui sera coupée par la lame. Les gros sécateurs sont souvent à enclume. Ils sont plus adaptés à la suppression des bois morts et pour rabattre des tiges au ras du sol.
Dans la seconde catégorie, le sécateur à contre-lame a un effet d’écrasement moindre mais il existe tout de même. C’est la raison pour laquelle on a intérêt à placer systématiquement la lame qui coupe du côté du tronc de l’arbuste (ou du bois qui reste) et d’avoir la contre-lame qui écrase du côté du bois qui tombe. Les modèles de sécateurs que j’utilise sont souvent à contre-lame.

Louis Vittu