Les baies couvrent à leur tour l'arbuste de la fin de l'été au début de l'hiver.

C’est une curieuse histoire que celle de cet arbuste. Après la gloire puis le bannissement, il réapparaît enfin à la place qu’il mérite. Et grâce à ses qualités, il peut avoir divers emplois.

Tout a vraiment commencé dans les années 60, lorsque les villes se sont brutalement élargies avec les premiers grands lotissements. Le pyracantha fut planté en grand nombre, surtout pour composer des haies. Puis, le feu bactérien, maladie très contagieuse dont il était porteur, fit des ravages. Pour en arriver à bout, on a rien trouvé d’autre que d’interdire à la vente cet arbuste, voire d’en demander l’arrachage. Dans les années 1980, le pyracantha avait presque totalement disparu. Heureusement, l’INRA a cerné et sélectionné des variétés insensibles à cette maladie. Et, progressivement, l’arbuste a réapparu. Mais la simple évocation de son nom suffisait à faire peur et lui préférer d’autres arbustes. Pourtant, le pyracantha collectionne de sacrées qualités.

Un beau feuillage persistant
Les feuilles des pyracanthas sont assez petites, 3 à 4 cm, ovales, coriaces, avec un bord finement denté. Elles sont d’un beau vert souvent foncé et presque brillant. Persistantes, elles permettent surtout à l’arbre de rester feuillu, et donc beau, toute l’année.

Une floraison généreuse
En mai et juin, l’arbuste se couvre de corymbes (sortes d’inflorescences sphériques) composées de petites fleurs d’un blanc pur ou crème. Nectarifères, elles attirent les abeilles et papillons. Elles exhalent un parfum qui n’est pas très agréable.

Des murs de baies colorées
Ces petites fleurs simples laissent la place à des grappes de baies aux couleurs souvent vives : jaune citron, jaune doux, orange, rouge vermillon, rouge cramoisi. Elles sont réputées toxiques mais ne sont pas dangereuses. Les oiseaux en raffolent et visitent l’arbuste jusqu’à la fin de l’automne.

Une haie infranchissable
Le nom Pyracantha vient du grec ancien Pyros, le feu, et acantha, l’épine. Et précisément les épines de cet arbuste sont nombreuses, puissantes et acérées, surtout sur des jeunes sujets. Une épine devient après un an un jeune rameau. Mais le pyracantha en produit en permanence. Et c’est souvent très utile. En effet, l’arbuste se prête très bien à la composition de haies. Pour une clôture végétale de 1,50 m à 2 m de haut et 1,30 m de large, on plantera un pied tous les 80 cm. Votre haie sera toujours opaque, verte avec le feuillage persistant, blanche en fleurs en fin de printemps et colorée avec ses baies en automne. Et cette haie, avec de telles épines, sera aussi vraiment infranchissable.

Palissé pour grimper
On peut encore conduire le pyracantha comme une grimpante pour couvrir une façade. Il suffit d’un treillage de bois ou de solides fils de fer sur lesquels on palisse au fur et à mesure les jeunes pousses. En quelques années, il couvrira un mur exposé sud ou ouest sur 3 à 5 m de haut et 3 à 4 m de large.

Plantez en septembre
Comme la plupart des persistants, le pyracantha peut être planté en septembre. Parmi les variétés autorisées on trouve ‘Golden Charmer’ la jaune, ‘Red Column’, ‘Orange Glow’, ‘Rosy Mantle’, ‘Watereri’. On plante dans tous types de sols, même calcaires. On bouture aussi très facilement en septembre.

Une taille douce et répétée
Le pyracantha se prête à toues les tailles, même strictes pour une haie, pour des topiaires ou des formes en nuages. La floraison ayant lieu sur le bois d’un an, taillez en fin d’hiver pour garder les baies d’automne et pas trop pour garder une floraison au printemps. C’est mieux de faire deux tailles par an douces (février et août) plutôt qu’une seule taille trop radicale.

Louis Vittu