Cette petite vivace a peu d’exigences à satisfaire. Chaque printemps, elle resurgit fidèlement pour fleurir. Puis ses plumets échevelés et soyeux brillent dans le soleil jusqu’au milieu de l’été.

J’ai toujours adoré cette petite vivace de printemps. D’abord pour sa floraison, ensuite pour son feuillage duveteux, mais aussi pour ses surprenants plumets soyeux. C’est une plante assez courante dans les régions de la moitié nord du pays qui est beaucoup plus rare dans le Midi.

Ce n’est pas une anémone
On l’appelle communément anémone pulsatille en raison de la ressemblance de ses fleurs avec celles de certaines espèces d’anémone. Mais la pulsatille n’est pas une anémone. Elle fait l’objet d’un genre botanique à part entière, Pulsatilla. L’espèce type P. vulgaris peut pousser spontanément dans certaines régions. Elle a donné des variétés qui diffèrent surtout par les couleurs de la fleur, mauve pour l’espèce, rouge pour ‘Rote Glocke’, vieux rose pour ‘Papageno’, blanc pour ‘Alba’ et parfois avec des fleurs doubles, à très doubles comme ‘Prestbury Strain’.

Des plumets soyeux qui brillent plusieurs mois
Début avril, des tiges sortent de terre et se dressent à 25 cm du sol. Très vite, une fleur solitaire apparait en tête de tige. D’un diamètre de 8 à 10 cm, elle est en forme de cloche retombante et gracieuse. Quand elle fane, ses pétales tombent et la tige continue de s’allonger un peu. Puis, apparait un plumet surprenant, soyeux, qui accroche très bien la lumière. Après plusieurs semaines, le vent disperse les graines et le plumet disparait. Après la floraison survient également le feuillage, finement découpé et lui-même couvert d’une pilosité brillante.

Une puissante racine pivot
Cette petite plante presque délicate, 30 cm de haut, développe une solide tige pivot qui plonge sur plusieurs dizaines de centimètres dans le sol (parfois 1 m). C’est vrai dans les massifs et bordures mais également dans les rocailles. Résultat, la plante ne souffre pas de soif en plein été, même s’il fait très chaud, puisqu’elle trouve la fraîcheur en profondeur. Et en hiver, il peut geler à pierre fendre sans que cela puisse gêner la racine. En revanche, cela signifie qu’il est presque impossible de déplacer la plante, ou seulement si elle est encore très encore très jeune. D’ailleurs on achètera prioritairement des sujets en godet encore petits. Une fois installée, on ne la dérange plus.

Une vraie montagnarde
La pulsatille commune se plaît en plaine et en basse montagne jusqu’à 1 000 m d’altitude. Elle a gardé de ses origines une belle rusticité (jusqu’à -20°C), un besoin d’air et de soleil et le goûts des sols caillouteux, légers et très drainants. Dans une terre de jardin moyenne elle aura tendance à s’étaler au fil des ans pour former une belle touffe de 50 cm de large. Dans une rocaille, son développement restera limité à 20 ou 30 cm de large. La seule solution pour la multiplier est de faire des semis. Dès que les plantules ont quatre vraies feuilles, on repique avant que le développement racinaire soit trop important. On peut aussi récupérer des plants issus de semis spontanés.

Evitez les terres acides
La pulsatille n’est pas très gourmande. Inutile de lui apporter beaucoup de compost chaque année. Elle aime les terres moyennes à pauvres, en tout cas pas trop riches. Le sol peut être neutre ou calcaire. En revanche, évitez les terres franchement acides et les terres lourdes, compactes qui restent humides trop longtemps en hiver. Un bon drainage est essentiel.

Walter Brousse