Il n’est pas franchement beau et ne sent pas franchement bon. Il est vite envahissant et menace la biodiversité sur l’aire qu’il occupe. Et c’est difficile de le supprimer. Mais ce vilain petit canard peut tout de même être utile.

On l’appelle à tord le faux sureau car le sureau connu est l’arbre (Sambucus nigra) qui fleurit en mai le long des voies ferrées et dans les friches. Pourtant, ce sureau yèble est bel et bien un Sambucus espèce ebulus. D’ailleurs, ses fleurs et ses fruits ressemblent à ceux du sureau en arbre même s’ils sont dressés vers le ciel et non retombants comme sur l’arbre.

Il est toujours redouté
Ce sureau yèble, ou hièble, ou petit sureau, est une vivace herbacée et rhizomateuse. Elle disparait totalement l’hiver. Au printemps, ses rhizomes émettent de nouvelles tiges qui ne se lignifient pas au fil des saisons. Evidemment, les rhizomes courent sous la terre. Quelques plants deviennent vite une colonie envahissante.
Le yèble investit les talus qui bordent les chemins et les champs ou encore les lisières des forêts humides. Quand ce sauvageon s’installe, il couvre l’espace et menace directement toute biodiversité. En plus, il ne suffit pas de le faucher pour s’en débarrasser. C’est toujours long et difficile de supprimer une plante rhizomateuse.

Comment l’identifier
Le sureau yèble est assez facile à reconnaître. Hautes de 50 cm à 1,50 m, les tiges portent des feuilles composées qui comptent chacune entre 7 et 11 folioles. Les petites fleurs, blanches avec des anthères pourpres, sont regroupées en corymbes plates et tournées vers le haut. Elles apparaissent entre juillet et septembre. Elles font place ensuite à des baies d’un noir violacé, brillant. Toutes les parties de la plante sont toxiques, mais peuvent rendre service.

Une décoction à tester
En effet, les feuilles du sureau yèble, comme celles du sureau noir (l’arbre), sont utilisées en décoction pour protéger les rosiers du marsonia (maladie des taches noires) et du mildiou. En plus, la solution serait inoffensive pour les coccinelles et les abeilles.
Il faut faire bouillir 30 minutes 500 g de feuilles fraîches et hachées dans 3,5 l d’eau.
On rajoute un peu d’eau pour maintenir le niveau au cours de l’ébullition.
Ensuite, on filtre et on pulvérise froid et pur (sans diluer).
On peut stocker dans des bouteilles fermées durant 2 à 3 mois.

Walter Brousse

En + : C’est en juin, avec des jeunes feuilles, qu’il faut faire les décoctions utilisables sur les rosiers.