Elles sont toujours les premières de l’année à fleurir, même en cas de neige. Habituées des sous-bois, elles se plaisent au jardin, sous l’ombre d’un arbre caduc ou en bord de pelouse. On les divise facilement avant le printemps.

On connaît bien l’espèce type qui pousse toute seule dans les sous-bois, mais on sait moins qu’elle a sa place dans nos jardins. On ignore même qu’il existe d’autres espèces et cultivars avec quelques particularités utiles à connaître.

Nivalis, elwesii, plicatus et les autres
Le perce-neige des sous-bois est un Galanthus nivalis. Chaque petit bulbe donne une à deux tiges de 10 à 15 cm qui portent en tête une petite fleur retombante. Les trois grands sépales sont d’un blanc pur et coiffent des pétales plus petits, plus ou moins marqués de vert. Les feuilles, longues, rubanées, érigées en bouquet, d’un vert foncé, disparaissent dès les premières chaleurs d’avril. Mais attention, il existe plusieurs cultivars comme ‘Flore Pleno’ aux fleurs semi-doubles, ‘Selina Cords’ aux fleurs lavées de vert, ‘White Dream’ au parfum plus soutenu. Et puis l’espèce cousine, G. plicatus, la plus vigoureuse, donne des fleurs plus grandes mais plus tardives (en mars).

À l’aise partout sauf dans le midi trop sec
Les perce-neige sont très rustiques (-15°C et au-delà). Le gel ne les dérange pas, ni pour pousser, ni pour fleurir. Elles ont même besoin d’un coup de froid pour bien fleurir. En revanche, elles craignent les longs étés trop chauds et secs. Elles ont beaucoup de difficultés à tenir dans les régions méridionales. Il faut un sol frais et humifère qui ne dessèche pas en profondeur l’été. Le sol peut être acide, neutre ou un peu calcaire. Mais si la terre est trop pauvre, apportez avant la plantation un bon compost et couvrez d’un terreau de feuilles.

La division est très facile mais n’attendez pas trop
Les perce-neige ont une croissance rapide. En quelques années, on obtient des tapis assez denses qu’on doit diviser avant que la floraison ne décline. Il suffit de soulever la touffe avec une grosse motte de terre à l’aide d’une fourche-bêche. Ensuite, on détache lentement chaque bulbe pour pouvoir les replanter un par un dans un autre endroit ombragé. L’essentiel est d’intervenir en fin de floraison, c’est-à-dire dès la fin février. N’attendez surtout pas que les feuilles jaunissent; ce serait trop tard !

On plante entre octobre et décembre
Le bulbe du perce-neige a un diamètre de 1 à 2 cm environ. Il est plutôt charnu et ne doit pas être sec. On plante à 5 cm de profondeur en espaçant tous les 5 cm. Le mieux est de planter des tapis d’au moins une quinzaine de bulbes pour avoir rapidement un certain résultat. Attention, il arrive souvent qu’on attende deux ou trois semaines entre l’achat des bulbes et la plantation. C’est tout à fait possible avec la plupart des bulbes et oignons, surtout s’ils sont assez gros et avec une tunique (peau externe). En revanche, il faut éviter avec les galanthus car les bulbes peuvent alors commencer à durcir et sécher. Quand on achète, il faut pouvoir planter pratiquement dans la foulée. N’oubliez pas que les perce-neige se naturalisent facilement. Cela signifie qu’ils s’installent durablement et que si la terre est assez meuble aux alentours, ils vont rapidement coloniser l’espace sans aucune aide de votre part.

Les premiers de l’année à fleurir
Certaines années on voit les premières fleurs sortir des tapis de feuilles mortes dès le mois de janvier. Et si c’est un peu plus tard, ce n’est jamais après le 10 février. Ces plantes sont sans doute les plus précoces avec les crocus et les roses de Noël (Helleborus niger). On les associe également aux scilles, aux narcisses et aux primevères pour fleurir la fin de l’hiver.

Louis Vittu